Demain sera bio

Demain sera bio

15 mars 2018
Entretien avec Simon, producteur de légumineuses et de quinoa biologiques depuis 2010 en Vendée.

Quel a été votre déclic pour passer à la bio ?

J’ai commencé à produire des céréales en Vendée en 2006 en conventionnel ( blé et maïs ) et je me suis converti à l’agriculture biologique en 2010. Au bout de 4 ans, j’avais déjà fait le tour de la question sur l’agriculture conventionnelle. Je n’avais plus envie et j’avais même honte de ce que je faisais. Je me posais aussi beaucoup de questions vis à vis de mon entourage, sur les produits chimiques, les engrais et la pollution. Il faut faire 6 traitements de pesticides et 3 passages d’engrais par an sur un champs de blé, et au printemps on manipule des produits nocifs quasiment tous les jours. Je me posais aussi beaucoup de questions sur ma santé personnelle, je savais que je me mettais en danger en manipulant des produits nocifs tels que les pesticides. La naissance de mes enfants m’a conforté dans ma décision à passer à l’agriculture biologique. Je cultive maintenant  depuis 2010 des légumineuses et du quinoa biologique. ça a changé ma vie. Et aujourd’hui, je pense que je ne travaille pas plus qu’un agriculteur conventionnel, puisque sur ma ferme nous sommes 5.

Comment vous sentez-vous aujourd'hui dans votre métier ?

Ce qui est bien avec l’agriculture biologique, c’est qu’on travaille avec la nature et plus contre nature, et on a donc l’impression de travailler plus librement. On est plus sous la pression des maladies, et beaucoup moins sous la pression des ravageurs et des mauvaises herbes, on travaille avec eux. On se sent donc beaucoup plus libre !

Avez-vous remarqué des changements depuis que vous faites du bio ?

On a retrouvé des sols beaucoup plus vivants, avec plus de faune, et une diversité dans nos sols qui s’est installée avec l’agriculture bio. Il y a aussi forcément une diversité de mauvaises herbes aussi ! ( rires )
On ne lutte plus, on accompagne le vivant, on recherche l’équilibre.
Le bio, ce n’est pas un retour en arrière, c’est l’avenir, c’est un futur. Il ne faut pas croire qu’on revient à ce qu’ont fait nos grands parents. D’ailleurs c’est la numérisation de l’agriculture qui nous permet de travailler dans nos champs. Le guidage GPS a révolutionné l’agriculture biologique.

Des conseils aux agriculteurs qui se lancent en bio ?

Le conseil que je peux donner, c’est l’observation, passer énormément de temps dans ses champs pour voir ce qu’il s’y passe, tout le temps, pas forcément quand il y a une culture. En bio, on est obligé d’observer parce que le bio c’est de l’anticipation. On a plus du tout de produits curatifs, on est obligé d’intervenir en anticipant. Le travail qui doit être fait avant les cultures est important : le choix des parcelles, du matériel, de la date d’intervention, voilà nos leviers agronomiques.

Le Bio pour toute la France, c'est possible ?

Oui bien sûr, c’est possible. Il nous faudrait une vraie volonté politique, et un soutien politique pour encourager le développement de l’agriculture biologique. Un beau défi pour l’agriculture de demain, c’est de pouvoir former nos jeunes à cette nouvelle tendance sociétale, mais aussi les professeurs !
Les consommateurs sont en attente de produits plus propres, plus sains, et il n’y a que l’agriculture biologique qui peut répondre à ce défi.

Un mot qui décrirait bien la bio ?

Pour moi, c’est le mot liberté

Commentaires

Vive l'agriculture Bio

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