Rencontre avec Anna Kolf

Rencontre avec Anna Kolf

27 avril 2018
[ INTERVIEW ]

DANIVAL a été labellisée Bio Entreprisedurable® en novembre 2016, pour ses engagements en matière de développement durable.
Mais au juste, qu'est-ce qu'une Bioentreprisedurable® ?
Comment une entreprise bio peut-elle obtenir le label ?
A quoi reconnaît-on une Bioentreprisedurable® ?
Que garantit ce label aux consommateurs ?

Nous sommes partis à la rencontre d'Anna Kolf, Chargée de mission RSE et animation réseau au sein du Synabio ( Syndicat des entreprises bio agroalimentaires ), qui nous explique tout sur le label Bioentreprisedurable®.


 

Bonjour Anna, 

1- Depuis quand existe le label Bioentreprisedurable® ?
 
Dès 2009, un noyau d’adhérents du Synabio, engagés en matière de développement durable, a participé à l’élaboration des premiers outils RSE du Synabio. Cela a commencé avec un code de bonnes pratiques à signer pour prouver son engagement, et une grille d’autodiagnostic, qui permettait de faire le bilan des pratiques de l’entreprise. Mais, il était souvent difficile de s’engager dans une réelle démarche d’amélioration continue en l’absence de suivi ou de contrôle.
 
Le Synabio a donc, avec l’aide d’Ecocert, construit le référentiel sur la base duquel une entreprise peut être labellisée Bioentreprisedurable®.
La construction de ce référentiel s’est accompagnée de la mise en place d’un audit tiers partie. Cet audit permet de renforcer la crédibilité des démarches responsables mises en place par les entreprises.
 
Ainsi, depuis 2014, c’est un label sectoriel qui est évalué par un organisme tiers. Les deux organismes habilités aujourd’hui à procéder à l’audit de labellisation sont Bureau Veritas et Ecocert. Le label a été créé par et pour les PME de la bio, c’est le seul label RSE qui prend en considération les spécificités des entreprises de la bio de petite ou moyenne taille.
 
 
2- Pourquoi avoir créé ce label ?
 
Ce label permet de répondre à un but de structuration, de formalisation et de valorisation de leurs bonnes pratiques en matière de développement durable.  Le Synabio est un incroyable réseau, et la volonté autour de Bioentreprisedurable® est de créer une communauté d’entreprises engagées, qui puissent échanger sur les problématiques qu’elles rencontrent ou les bonnes pratiques qu’elles mettent en place.
 
Aujourd’hui, le développement durable est un véritable axe stratégique du Synabio. Depuis le début de l’année 2018, nous sommes deux salariés à temps plein, sur une équipe de cinq personnes, dédiées au développement de Bioentreprisedurable®. Notre mission est d’accompagner, de manière personnalisée et quasi-individuelle, les entreprises adhérentes du Synabio dans leur démarche responsable. Nous les formons, les sensibilisons, et les accompagnons jusqu’à la labellisation Bioentreprisedurable®.
 
L’intérêt de ce label est aussi de montrer que la bio de demain ira plus loin, tout en valorisant les bonnes pratiques déjà existantes dans les entreprises. Le Synabio compte 195 adhérents et seulement 22 sont labellisées. Nous avons un véritable enjeu autour du développement de la communauté.

 
3- Les marques bio sont-elles forcément durables ?
 
Toutes les marques bio ne sont pas forcément durables malheureusement.
Il est vrai qu’il y a un lien très fort entre le développement durable et l’agriculture biologique, avec des valeurs communes : santé, écologique, équité, précaution.
Mais être durable ne veut pas seulement dire bio ! Cela implique aussi de prendre en considération les ressources humaines, les relations avec les clients et les fournisseurs, l’ancrage local, la solidarité, l’utilisation des ressources énergétiques, le recyclage, etc.

Etre « Durable », c’est voir plus loin que l’environnement ou la qualité de ses produits.
Etre « Durable » c’est aussi se remettre en question et avoir une vision plus large sur la façon dont on considère l’homme dans son environnement.

 
4- Qu’est-ce qui différencie une entreprise bio non labellisée, d’une entreprise labellisée Bioentreprisedurable® ?
 
Une entreprise labellisée Bioentreprisedurable® se différencie d’une entreprise bio non labellisée par ses engagements qui vont au-delà des critères du cahier des charges de l’agriculture biologique.

C’est une entreprise qui fait la démarche de se remettre en question et qui a la volonté de s’améliorer. Elle a conscience qu’elle ne peut pas être bonne partout, mais elle est dans une dynamique d’amélioration continue. Nous n’attendons pas d’une entreprise qu’elle ait 100% de réussite dès le 1er audit.
Pour être labellisée, une entreprise doit obtenir au moins 60% de conformité au référentiel, et elle va sans cesse chercher à améliorer ce score.
 
C’est aussi une entreprise qui participe à une communauté d’entreprises engagées et qui partage un outil RSE commun au secteur.
Une Bioentreprisedurable® « est plus que bio », elle intègre tous les piliers du développement durable dans sa stratégie de développement.
Elle peut être fière de participer à la construction et à la valorisation des bonnes pratiques de l’agriculture biologique et du développement durable au sens large.
Et c’est tous ensemble, grâce à cette communauté d’entreprises bio engagées qu’on avance dans le bon sens, vers un avenir plus bio et plus durable.
 
 
5- Que garantit ce label aux consommateurs ?
 
Pour information, le label Bioentreprisedurable® est un label d’entreprise, et non un label produit. Le consommateur ne le retrouvera donc pas sur les emballages des produits des entreprises labellisées Bioentreprisedurable®. En revanche, le logo du label peut être utilisé sur les outils de communication directement reliés à l’entreprise labellisée.

Tout d’abord, ce label va garantir au consommateur une prise de conscience de la part de l’entreprise, et donc de la marque qu’il consomme, des enjeux de développement durable qui nous concerne : le respect de l’Homme, la préservation de la biodiversité, etc.
Cela lui garantira aussi la considération qu’a l’entreprise pour les impacts, positifs ou négatifs, que peut avoir son activité sur son environnement et ses parties prenantes.
La Bioentreprisedurable®, consciente de ces enjeux, est inscrite dans une démarche continue pour prévenir les risques et améliorer ses pratiques.
 
Ensuite, une entreprise engagée dans le développement durable va prendre en considération l’avis de ses parties prenantes (ou partenaires) et notamment de ses consommateurs, pour chercher à sans cesser innover, évoluer.
 
Pour vérifier leur engagement dans la durée, les entreprises qui ont obtenu le label sont auditées tous les ans par l’organisme certificateur. Elles doivent avoir apporté des améliorations sur les points faibles constatés au dernier audit pour pouvoir conserver leur labellisation Bioentreprisedurable®.
 
 
6- Quel est le point fort de Danival, selon vous, en matière de développement durable ?
 
L’un des points forts de Danival que nous avons pu constater lors de son audit, c’est que c’est une entreprise bio qui a un fort ancrage local.
Nous sentons qu’il y a un enjeu fort pour l’entreprise d’être connu et reconnu dans son environnement proche.
Par exemple, au lieu de jeter ses produits non commercialisables d’un point de vue commercial (mais conformes d’un point de vue de la qualité), l’entreprise donne ses produits à des associations caritatives telles que le resto du cœur, le secours populaire, la banque alimentaire.
De plus, elle privilégie les partenariats avec les associations locales, les évènements bio et locaux.
 
Danival est aussi fortement engagée sur le recyclage de ses emballages, puisqu’elle a pris l’initiative de financer le programme Terracycle en 2015 pour pouvoir donner une seconde vie aux emballages plastiques usagés. C’est une pratique que l’on peut saluer car cela inclut un coût supplémentaire pour l’entreprise, qui est prête à payer pour que ses emballages usagés soient recyclés.
Danival a été moteur pour étendre cette initiative autour du recyclage à d’autres marques du réseau du Synabio. Le programme de recyclage en partenariat avec Terracycle va devenir un programme collectif des entreprises de la bio, autour de la collecte d’emballages plastiques usagés dans le réseau de la distribution spécialisée bio en France.
 
Danival a pris le risque de lancer cette initiative seule et son expérience est mise à profit d’autres acteurs engagés dans le recyclage des déchets.
 

7- Que doit faire Danival pour conserver son label ?
 
Comme toutes les autres entreprises labellisées, Danival doit continuer à chercher à s’améliorer sur tous les piliers du développement durable pour faire augmenter son pourcentage de conformité au référentiel. Elle doit notamment s’attacher aux points faibles identifiés lors du dernier audit pour avoir des meilleures notes l’année prochaine.


8- Que pensez-vous de la néo-popote ?
 
Je me suis demandée au départ «  Que cherchez-vous à dire ? » quand j’ai entendu ce nouveau mot.
« Néo » m’a d’abord évoqué la notion de modernité.
« Popote » me rappelle la bonne cuisine que l’on fait chez soi, avec de bons ingrédients.
Tout l’inverse des plats ultra-transformés.
J’ai ensuite compris (en lisant votre dossier de presse), que la néo-popote est une cuisine qui s’adresse aux personnes pressées, que l’on peut emporter partout pour manger bio et bien en toutes occasion.
 
C’est vrai qu’à l’heure actuelle, on a besoin de manger vite, et on pense tout de suite aux produits touts prêts. Mais nous pouvons avoir des aprioris sur ces produits qui ont aujourd’hui une image de produits ultra-transformés.
Ce qui est important dans un plat tout préparé, comme ceux de Danival, c’est que quand on lit les étiquettes et qu’on étudie la liste des ingrédients, on les connait tous !
On retrouve de bons produits, de qualité, 100% bio, et ça c’est rassurant.
 
L’avantage c’est qu’on peut emporter ces petits plats bio partout.
Ce qui ne veut pas dire qu’on peut jeter les emballages partout ! C’est donc très important de sensibiliser les consommateurs sur le tri et le recyclage des emballages, comme vous le faites avec le programme Terracycle. Vous le communiquez d’ailleurs sur vos emballages et je pense qu’il faut continuer dans ce sens.
Avec la néo-popote, vous dépoussiérez l’image de la bio et vous la rendez moderne tout en gardant votre authenticité !
J’aime bien d’ailleurs votre blog www.neopopote.fr qui donne une autre vision des produits bio, et qui vous permet de communiquer et interagir différemment avec vos consommateurs.
 

9- Comment voyez-vous la Bioentreprisedurable® de demain ?
 
Un point que nous aimerions améliorer dans notre référentiel est notre exigence quant au lien que les entreprises bio entretiennent avec leurs consommateurs.

Je ne parle pas de communication ou de publicité produits, mais vraiment du lien qu’elle crée avec ses consommateurs :

  • la prise en compte de leurs avis et réclamations pour améliorer les recettes : valeurs nutritionnelles (moins de sel, de sucre), proposer des recettes équilibrées, etc. ;
  • mais aussi, la sensibilisation des consommateurs au développement durable : lutte anti-gaspillage, le recyclage, l’engagement sociétal, etc.

Aussi, nous aimerions que les entreprises soient plus innovantes au niveau du bien-être au travail, du savoir-vivre en communauté et en entreprise : que l’entreprise remette l’humain au cœur de son activité.
 
Nous espérons que la communauté des Bioentreprisedurable® sera plus grande, avec, en rêvant un peu, une centaine d’entreprises labellisées.
Je vois la Bioentreprisedurable® de demain, comme le modèle d’entreprise à suivre, pour une alimentation saine, durable et respectueuse du vivant !
 

 

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